Voix politique
Sommet pancanadien sur l’éducation artistique : les Actes du Sommet
Une place de choix pour l’art à l’école
Le premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique s’est tenu les 12 et 13 mars 2026 à Ottawa, au Musée des beaux-arts du Canada, partenaire officiel de l’événement. Le Sommet a réuni plus de 275 participants issus des milieux politique, éducatif et culturel de partout au pays. L’événement a créé un espace de dialogue pour faire progresser les politiques, les pratiques et la recherche en éducation artistique.
Que faut-il retenir de cette première édition? Le Sommet a permis de fédérer un vaste écosystème autour d’un projet de société mobilisateur : renforcer l’accès à l’éducation artistique en français.
Le premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique
La FCCF a organisé, les 12 et 13 mars 2026, le premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique, dans la continuité des recommandations de son mémoire Une place de choix pour l’art à l’école.Tenu exclusivement en français, cet événement concrétisait les recommandations porteuses du mémoire et visait trois grands objectifs :
- Créer un espace pancanadien de dialogue et de réflexion pour faire progresser les politiques, les pratiques et la recherche en éducation artistique
- Inspirer l’action afin que l’art devienne accessible, équitable et durable pour l’ensemble des élèves scolarisés en français au pays
- Catalyser des échanges entre des parties prenantes issues des milieux de l’éducation, des arts et des politiques publiques.
En choisissant le Musée des beaux-arts du Canada comme lieu hôte et partenaire officiel de l’événement, la FCCF a affirmé le caractère hautement symbolique et stratégique de l’éducation artistique.
Quelque 275 personnes venues des quatre coins du pays, dont plusieurs figures influentes des milieux politique, éducatif et culturel, se sont réunies pour l’occasion. Les Actes du Sommet présentent le fruit de leurs réflexions et les principales conclusions de cet événement historique.
Mémoire Une place de choix pour l’art à l’école
En 2024, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) a publié son mémoire Une place de choix pour l’art à l’école. Dans ce document, la FCCF a affirmé le rôle essentiel de l’éducation artistique comme levier de développement pour la jeunesse et les communautés franco-canadiennes et acadienne.
Les dialogues suscités par ce mémoire ont mis en lumière la nécessité d’un événement rassembleur, stratégique et intersectoriel pour renforcer la reconnaissance du rôle clé de l’éducation artistique dans l’épanouissement de la jeunesse et des communautés francophones.
« Investir dans l’éducation artistique en français, c’est investir dans notre souveraineté culturelle et dans une nouvelle génération capable de créer, d’innover et de contribuer pleinement à la vitalité de nos communautés. Ce Sommet marque un jalon structurant. Nous voulons créer un référent commun pour l’éducation artistique en français et outiller les responsables des décisions afin d’assurer un accès plus équitable et durable aux arts et à la culture partout au pays. »
– Nancy Juneau, présidente de la FCCF
Les Actes du Sommet pancanadien sur l’éducation artistique
Afin de renforcer l’accès à l’éducation artistique en français, les Actes structurent les échanges et présentent quatre grandes idées.
1. S’engager envers l’éducation artistique
Un Sommet pour cultiver l’égalité réelle en matière d’éducation artistique
Le Sommet visait à créer un espace pancanadien de dialogue et de réflexion pour inspirer l’action et faire progresser les politiques en faveur d’une éducation artistique accessible, équitable et durable pour l’ensemble des élèves tout au long de leur parcours scolaire en français.
Un projet intersectoriel rassembleur
Ce Sommet a rassemblé divers publics. Les 282 personnes inscrites provenaient de 11 provinces et territoires et représentaient plusieurs secteurs, dont l’éducation (56 %), les arts et la culture (22 %), les politiques publiques et la fonction publique (8 %), la jeunesse (4 %) ainsi que la recherche et la francophonie canadienne (2 %).
L’événement a également réuni des artistes, des directions d’école, des conseiller·ère·s pédagogiques, de jeunes leadeurs, des chercheur·euse·s, des personnes élues, un sénateur, ainsi que du personnel d’universités, d’organismes communautaires et de ministères fédéraux et provinciaux.
2. Reconnaître la portée de l’éducation artistique
Une idée forte a rassemblé l’ensemble des présentations : l’art est essentiel à la vie humaine. Le Sommet a affirmé de maintes façons la valeur de l’éducation artistique pour apprécier le monde.
Pour l’art : apprécier le monde
Les conférencier·ère·s et les panélistes internationaux, ainsi que les cérémonies d’ouverture et de clôture du Sommet, ont largement mis en lumière les caractères transversal et essentiel de l’éducation artistique. Au-delà des effets mesurables de l’éducation artistique, un message s’est dégagé des échanges : on ne fait pas de l’éducation artistique uniquement parce qu’elle est utile, on y plonge parce qu’elle fait sens.
Pour les communautés francophones : développer l’identité culturelle et la sécurité linguistique
Les arts sont un puissant vecteur d’expression et d’appartenance culturelle. Pour développer l’appétit et l’habitude du français, les échanges ont fait ressortir plusieurs ingrédients nécessaires :
- Incarner avec intention le rôle de passeuse ou de passeur culturel ;
- Contrer l’insécurité linguistique ;
- Se reconnaître et faire communauté.
Pour une jeunesse outillée : innover et acquérir des compétences pour l’avenir
Tout en reconnaissant la valeur de l’éducation artistique pour ce qu’elle est et pour sa capacité à créer du collectif, plusieurs personnes ont souligné son utilité sociale et économique plus large, notamment pour :
- Soutenir l’innovation
- Favoriser l’engagement scolaire
- Soutenir la santé relationnelle
- Développer une diversité de compétences utiles
Pour la solidarité : tendre la main et cohabiter
Diverses interventions ont souligné la façon dont l’éducation artistique peut devenir une main tendue vers l’autre, notamment pour :
- Accueillir les perspectives autochtones
- Intégrer le personnel enseignant arrivé récemment
- Inclure les élèves aux racines diverses
3. S’unir pour un accès équitable à l’éducation artistique
Au fil des présentations, quatre dynamiques sont apparues comme essentielles pour intégrer l’éducation artistique aux dispositifs politiques, institutionnels, financiers, partenariaux et pédagogiques.
Asseoir une vision commune forte
Les travaux récents de l’UNESCO proposent une vision ambitieuse de l’éducation artistique, soutenue par un cadre stratégique mondial et un guide destiné au personnel enseignant pour favoriser des apprentissages transformateurs par les arts. Ces ressources mettent en évidence les nombreux bénéfices de l’éducation artistique, notamment pour le développement de la pensée critique, l’ouverture culturelle et le pouvoir d’agir.
Garantir un financement adéquat
Les échanges ont mis en lumière un financement de l’éducation artistique perçu comme inéquitable, inadapté et insuffisant. Des inégalités persistent entre les disciplines et les territoires, ce qui limite l’accès à la culture. Ce modèle, trop comptable, engendre une concurrence nuisible et contraste avec le rôle essentiel des arts dans la société.
Bâtir une collaboration intersectorielle durable
Pour réussir, l’éducation artistique et culturelle doit être développée conjointement par l’ensemble des parties prenantes. Elle repose sur une collaboration étroite entre les secteurs de l’éducation, de la culture et des politiques publiques, même si ce partenariat demeure complexe à établir.
Certifier la qualité
Dès le début du Sommet, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, a affirmé l’importance d’offrir à chaque élève un accès équitable à une éducation artistique de qualité en français, notamment grâce à :
une intentionnalité pédagogique renouvelée ;
des expériences d’apprentissage qui misent sur le pouvoir d’agir de l’élève ;
de la formation
4. Cultiver la vitalité des communautés francophones grâce à l’éducation artistique
Comme le montrent les Actes, le Sommet a mis en lumière l’importance de l’éducation artistique, ainsi que les obstacles qui freinent son développement. Ces défis touchent particulièrement les communautés francophones, qui cherchent à atteindre l’égalité réelle prévue par la Loi sur les langues officielles. Lors de la clôture, les échanges ont présenté l’éducation artistique comme un droit fondamental, essentiel à l’épanouissement, à l’identité et à la citoyenneté.
Malgré ces obstacles, un esprit d’espoir et d’avenir a surtout marqué le Sommet. Plusieurs personnes ont souligné la force du travail collectif et l’importance de soutenir l’éducation artistique pour bâtir l’avenir des jeunes et des communautés francophones. Les jeunes ont également exprimé leur optimisme face à l’engagement observé. Chaque personne a rappelé qu’investir dans la créativité et la culture est essentiel pour assurer un avenir dynamique et inclusif.
Moment phare
L’artiste Yao a invité les participant·e·s à contribuer à une œuvre-témoignage interactive, présentée lors de la clôture du Sommet le 13 mars.
Vous voulez en savoir plus sur l’engagement de la FCCF en matière d’éducation artistique ? Communiquez avec nous à marie-eve.desormeaux@fccf.ca.