Livre papier vs livre numérique : la guerre des formats

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Caroline et sa liseuse en vacances

Billet rédigé par : Caroline G. Boudreau

Crédit photo : Caroline G. Boudreau – Caroline et sa liseuse en vacances

Travaillant dans le milieu littéraire, j’assiste depuis quelques années au virage numérique, soit à l’apparition du livre numérique. Je ne suis pas experte dans la matière, loin de là. Le virage numérique est un dossier complexe avec son propre écosystème et sa propre terminologie (ePub, PDF, liseuse, métadonnées, etc.). Dans ce billet, je vous partage mes réflexions personnelles face à cette nouvelle « bibitte » du milieu littéraire (bien que cela fasse déjà quelques années que nous parlons de livre numérique).

L’arrivée du livre numérique a chamboulé l’industrie du livre. Les éditeurs, qui doivent par leur métier être à la fois amoureux des mots et as des chiffres, doivent maintenant ajouter une autre corde à leur arc : l’édition numérique. La publication d’un livre est devenue plus compliqué : il y a parfois trois versions d’un livre (en papier, en PDF, en ePub). Chaque version nécessite des actions différentes et des coûts sont liés à chacun de ces formats. Les canaux de ventes pour le livre numérique ne sont pas les mêmes que pour le livre papier et la gestion des métadonnées (mots-clés associés au livre) est assez compliquée. De plus, l’évolution du milieu est rapide. Les formats et les normes ne cessent de se développer : certains éditeurs produisent des ePub3 permettant d’inclure des vidéos et de la musique à leur produit.

Personne ne peut prévoir comment évoluera le livre numérique. Le défi présentement pour les éditeurs en matière de livre numérique, en particulier pour les éditeurs franco-canadiens, est de se démarquer sur le marché du livre. Avec les gros joueurs qui peuvent se permettre des coups d’éclat de marketing, les petits éditeurs peinent à faire connaître leurs catalogues de livres numériques au public. Jusqu’à présent, comme les ventes demeurent faibles, le retour sur l’investissement est presque inexistant.

À titre personnel de grande lectrice, je vois le pour et le contre des deux formats. Il n’est pas rare qu’au sein d’une même semaine je passe d’un format à l’autre. Je crois que le style de lecteur que nous sommes influence notre choix de format. Par exemple, j’emprunte beaucoup de livres (numériques et papier) de la bibliothèque. Pour quelqu’un qui travaille dans l’industrie du livre, j’ai très peu de livres chez moi : j’emprunte soit à la bibliothèque ou les services de presse au travail. Car, à mon humble avis, l’emprunt du livre numérique est une innovation qui facilite l’accès à la bibliothèque.

Après trois années de consommation du livre numérique (et presque 30 ans de consommation du livre papier!), j’ai dressé une liste non exhaustive d’arguments pour et contre le livre numérique.

Contre le livre numérique

  • Les problèmes techniques : la technologie est utile lorsqu’elle fonctionne, mais lorsqu’il y a un brin et que l’appareil ne fonctionne plus normalement, bye bye la lecture! Le livre papier lui, est toujours fidèle au poste.
  • L’oublie : loin des yeux, loin du cœur : j’ai tendance à oublier un livre non lu qui est sur ma liseuse, tandis qu’un livre papier traîne dans mon sac, sur ma table de chevet, dans ma salle de bain, etc.
  • L’odeur : c’est fou, mais l’argument le plus utilisé en faveur du livre papier est son odeur. L’odeur du papier a hypnotisé les passionnés de la lecture.
  • L’absence du livre : plusieurs grands lecteurs aiment collectionner les livres. Lire dans une pièce entourée de bibliothèques qui sont remplies de livres de toutes les couleurs et toutes les dimensions, un vrai bonheur pour le lecteur! Avoir des étagères « numériques » remplies de livres n’est tout simplement pas la même chose.
  • Le temps devant les écrans : j’ai entendu à quelques reprises des lecteurs affirmer qu’ils préfèrent le livre papier, car ils passent déjà trop de temps devant un écran. Le papier et l’encre offrent un répit à nos yeux qui passent de longues heures rivés à l’ordinateur, le téléphone intelligent et la télévision.
  • La possibilité d’offrir un cadeau : donner un livre numérique en cadeau est moins intéressant qu’un livre papier qu’on peut dédicacer, emballer, partager, etc.
  • Le branchement : il ne faut pas oublier que, contrairement au livre papier, la liseuse nécessite d’être branchée à un intervalle régulier pour permettre au lecteur de continuer sa lecture. À deux reprises ce dernier mois j’étais prise dans un trajet en autobus avec une liseuse en panne. Situation désolante pour tout lecteur!

Pour le livre numérique

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crédit photo : https://www.flickr.com/photos/actualitte/

  • La facilité de transport : une liseuse est plus facile à transporter (j’ai déjà apporté La fiancée américaine d’Éric Dupont, une brique de 568 pages, avec moi en voyage. J’avoue que je l’ai utilisée non seulement pour me divertir, mais aussi comme support pour mon dos dans l’avion).
  • La bibliothèque ambulante : avec une liseuse, il est plus facile de transporter plusieurs livres. Cela est utile en voyage lorsqu’on désire une sélection de livres à lire selon notre humeur du moment.
  • L’augmentation de la productivité : lire en numérique nous permet de faire deux choses à la fois. Par exemple, il m’arrive de tricoter en lisant un livre numérique (mariage du traditionnel et de la modernité!). Il est plus facile aussi de s’entraîner (ex. vélo stationnaire) avec une liseuse qu’un livre papier.
  • La facilité d’emprunt : il est plus facile d’emprunter un livre numérique : sans devoir sortir de chez moi, je peux emprunter un livre et, s’il est disponible, je peux y avoir accès immédiatement. Et, le plus gros avantage : plus de frais de retard! Le livre numérique emprunté est chronodégradable et cesse d’être accessible après la durée de l’emprunt (21 jours dans mon cas).
  • La facilité d’achat : il est aussi plus facile d’acheter un livre numérique s’il n’y a pas de librairie francophone dans votre région (un problème pour plusieurs lecteurs franco-canadiens). Les Librairies indépendantes du Québec (LIQ), dont plusieurs librairies franco-canadiennes sont membres, ont un portail permettant l’achat de livre numérique. Les livres des éditeurs franco-canadiens sont disponibles, en papier et en numérique sur le site www.avoslivres.ca
  • La possibilité d’économiser : si on est un grand lecteur, le livre numérique nous permet d’économiser à long terme, car le livre numérique est souvent un peu moins dispendieux que son compatriote papier (je dis bien à long terme, car il faut se procurer une liseuse ou une tablette pour le livre numérique).

Bref, le format du livre est un choix personnel. Le livre papier existera toujours. Le livre numérique, quant à lui, peut inciter un non-lecteur à la lecture. À chacun son livre, à chacun son format!

Pour plus de renseignements concernant le livre numérique, le RECF a produit un dépliant qui regorge de renseignements pratiques que vous pouvez consulter en ligne.

Et vous quel format de livre préférez-vous et pourquoi ? Avez-vous une liseuse ? Lisez-vous sur une tablette ?

Caroline G. Boudreau

Après des études en français et en psychologie à l’Université de Hearst à Timmins et à l’Université Laurentienne de Sudbury, Caroline obtient une maîtrise en lettres françaises de l’Université d’Ottawa. Pendant ses études, elle s’est spécialisée en littérature franco-ontarienne. Originaire de Timmins, au nord de l’Ontario, Caroline travaille au RECF à titre d’agente de promotion depuis l’automne 2009 où elle s’occupe notamment de la coordination des guides lecture À vos livres, du site web avoslivres.ca, des événements littéraires et de différentes activités promotionnelles du RECF. Elle est directrice adjointe et responsable des communications depuis avril 2013.

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) est un organisme national dont la mission est de promouvoir l’expression artistique et culturelle des communautés francophones et acadiennes. Elle réunit des représentants de sept regroupements nationaux en théâtre, en littérature, en chanson-musique, en arts médiatiques et en arts visuels, ainsi que 13 organismes œuvrant au développement culturel et artistique de onze provinces et territoires du Canada, un regroupement de réseau de diffusion et une alliance de radios communautaires. La FCCF est membre de la Coalition canadienne des arts, de la Coalition pour la diversité culturelle, et de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada. Pour de plus amples renseignements sur la Fédération, consultez le www.fccf.ca

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