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Billet rédigé par Maryse Arseneault

Tableau : Sérigraphie sur objet trouvé | Artiste : Jennifer Bélanger

Cette fois-ci je me suis permis de déambuler un peu en prose, un peu en réponse à des articles et billets de blogue vus  ces dernières semaines. Entre autres, le dernier texte de Marie-Thé Morin sur l’histoire – ou l’absence de contexte historique – à la télé, et l’autre, une entrée WordPress de Pieuvre et Thé (coincidences?!!) sur le manque d’action concrète de la part des artistes de cette génération en matière politique radicale. Mon billet est un peu comme le mois d’avril, il fait chaud quelques jours et juste après il fait froid à nouveau et je sais plus quel habit porter pour aller travailler. Je n’ai pas complété mon ménage du printemps encore, alors mes idées sont all over the place.

Une fois sur dix je me lève du mauvais pied comme aujourd’hui, ne pas être capable de me rendormir parce que le trop-plein d’échéances tourbillonne dans mon cerveau qui aimerait dont retourner à ses rêves de s’envoler par-dessus l’immeuble à dix-sept étages des assurances l’Assomption. Aujourd’hui dans mon insomnie matinale je me suis dit que je n’aimais pas ça être artiste. J’aime faire de l’art, pis j’aimerais changer le monde, être plus engagée dans ma communauté, faire une différence, mais être artiste (je l’ai déjà mentionné dans un billet précédent) me rend parfois mal à l’aise.

Je suis d’accord avec Mlles Pieuvre et Thé, que souvent l’artiste individualiste est aux emprises des institutions, et donc ne peux pas vraiment prendre les risques nécessaires au changement. J’ai moi-même le privilège d’obtenir une maîtrise en arts plastiques dans une université prestigieuse, de côtoyer plein d’artistes et d’intellectuels, donc je suis entouré de radicaux, mais je n’entends pas les casseroles de l’état solitaire quoique solidaire dans lequel je suis. Je sens un manque d’union entre artistes à plus grande échelle, que chaque clan à ses revendications, mais que sans but commun, on tourne en rond et on coure juste après sa propre queue.

rêve interlude rêve

Une fois, j’ai fait un rêve que je montais une immense installation dans un métro. C’était coloré, c’était loufoque, poétique, tragique, tout le kit. Le but de l’installation était de changer le point de vue général du peuple (genre les fans du centre Bell) et de l’inciter à désamorcer le système capitaliste. Dans mon rêve (qui est un peu flou maintenant) je montais tout ça toute seule, pis malgré un sentiment de bonheur, ça faisait juste pas de sens. Je me suis réveillée avec un goût amer dans la bouche, puisque cette idée ne se réaliserait probablement jamais. Je suis venu à la conclusion, dans une sorte de mi-sommeil, que mon projet anti-capitaliste ne pourrait être exécuté sans l’appui d’un groupe radical ni sans un support financier public quelconque. Pis bin, les deux s’annulent dans ce cas là. Le challenge c’est toujours de se faire entendre par ceux qui ne nous supportent pas déjà

je cherche le point zéro de gravité

Mary Poppins, Mr Vertigo, Astro Boy, Le petit Vampire, Jonathan Linvingston Seagull. Je pense beaucoup à ces protagonistes dernièrement, et quelques idées reviennent souvent (certainement dans plusieurs autres histoires, mais je m’en tiens aux récits où le héros apprend des leçons de vie en parallèle avec l’habileté de s’échapper des contraintes de la gravité) : c’est l’idée de vivre dans le moment présent, et ce que ça consiste quant à notre responsabilité envers le passé, et envers le futur. Le triangle magique du pouvoir. Comme artiste, le meilleur moment c’est le moment de création, à ce stade on peut on s’oublier complètement. Toute préparation et toute finalisation n’a pour but que nous permettre de revenir à ce moment de création. Et c’est pénible. Toutes les autres responsabilités s’entremêlent en une grosse pression atmosphérique et c’est difficile de se consacrer à toute autre cause.

gène – généralisation – générationnel – régénération

Je crois qu’une problématique dans notre société de privilégiés, Marie-Thé le souligne, c’est qu’on oublie trop facilement d’où on vient. C’est d’après moi un biproduit du progrès : à vouloir atteindre un monde meilleur, on devrait connaitre ce qui le précède, mais on reste jamais posé assez longtemps pour faire une différence. Un exemple flagrant est au sein d’une masse étudiante qui, se renouvelant chaque trois-quatre ans, ne peut pas toujours compter sur une continuité efficace. Il faut toujours reprendre à la mi-temps, rattraper les nouveaux venus et céder notre place a de nouvelles idées. Une année sur deux est vécue avec idéologie, on voit clairement à quelles sauces nos associations devraient s’attaquer, mais assez rapidement on ressent la pression du diplôme, de la dette (pour certains) qui vient avec, et on a juste hâte de passer à autre chose.

désillusionnement

Anyway la chose que je trouve le plus difficile comme artiste c’est de garder la mise, le focus, la cible et pédaler d’un trait. Ce matin je rêvais que je pratiquais mon envol pour me rendre à la maison, pis c’était ardu de garder sous contrôle la direction de mon trajet. Je préférais voyager dans les airs, puisque dans mon rêve alternativement j’aurais marché seule dans la nuit sur la rue St-George, et voler au-dessus des gens me semble toujours plus prudent. Sauf que c’est pas si prudent finalement, puisque je me perds dans mon envol, je monte trop haut en essayant d’éviter les fils électriques, et même si dans mon rêve je suis consciente de mon but, je n’y arrive pas. Ce matin vers six heures, si j’aurais su prendre une direction, j’aurais écrit huit-cents mots pour la FCCF, mais au lieu j’ai lu dans mon roman de Paul Auster et puis je me suis rendormie.

Maryse Arseneault poursuit présentement sa maîtrise en arts plastiques à l'Université Concordia (MFA Studio Arts). Membre locataire du centre culturel Aberdeen depuis son baccalauréat (Université de Moncton 2006), son baccalauréat (Université de Moncton 2006), Arseneault est une artiste multi-disciplinaire qui s'engage dans sa communauté, notamment avec la Galerie Sans Nom, l'atelier d'estampe Imago, et la Commission Jeunesse pour les arts au Nouveau-Brunswick. Deux fois récipiendaire d'une bourse de création ArtsNB (2007 et 2011), elle signe l'installation d'appropriations Sanguine, Terre Brulée et Autres Angoisses (Galerie d'art Louise et Ruben Cohen 2011, Festival inter-celtique de Lorient 2012, Eastern Edge Gallery 2013) et l'installation performative avec projections Une coupe de cheveux pour la fin du monde (Galerie Sans Nom 2012). L'art de s'envoler / Flyer for Flight sera présenté à la Galerie du Nouvel Ontario au printemps 2015.

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