Catégorie : Divers

L’artiste, fier bâtisseur de la culture

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Impro en mouvement : cellule de médiation culturelle en milieu scolaire franco-ontarien

Billet de Anik Bouvrette

Vidéo et crédit | Michel Legault

À titre de fondatrice et directrice artistique de Tara Luz Danse, j’ai toujours eu le profond désir d’aller à la rencontre des jeunes et les sortir de leur zone de confort en suscitant leur créativité. Pour moi, la danse revêt un énorme potentiel d’expression et je crois que tout le monde peut danser. Avec Impro en mouvement, nous sommes une équipe de quatre artistes en danse et en musique qui ont encadré les élèves à créer leur propre œuvre d’improvisation en mouvement sur musique «live» inspirée par les jeux d’improvisation qui guident notre processus de création professionnel.

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Du créer seul au vivre ensemble

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Retour sur une expérience de médiation culturelle

Billet de Jonathan Roy

Vidéo et crédit | Chris LeBlanc [Le Blanc Tape]

L’idée par défaut de l’artiste, dans la perception collective, le veut généralement solitaire, isolé, voire pas ou peu impliqué dans la vraie vie de la cité. Tout seul dans son atelier, à sa table de travail ou au fond de son bar, il est facile de le cantonner à l’idée reçue de l’artiste travaillant pour lui et pour une poignée de pairs. Comme j’œuvre principalement en poésie, c’est d’autant plus facile de me rallier à ce modèle, d’en faire un archétype à incarner pour réussir, le geste même de l’écriture étant en soi perçu comme étant profondément introspectif et son décodage réservé à quelques initiés.

Or, depuis quelques années, je me suis heurté à un paradoxe important, à une idée a priori difficilement compatible avec cette vision par défaut : il me semblait que la pratique de la poésie, de l’art en tant que prise de parole primale, pourrait pourtant bénéficier à tous, au-delà du carnet du poète, du monde du livre et des lancements peu fréquentés. Il me semblait que les effets bénéfiques d’une prise de parole libre et créative, viscérale, pourraient contribuer à construire des citoyens plus émancipés, plus heureux, et mieux habiletés à prendre la parole pour fabriquer un espace de vie à leur image tout en meublant le mien. Bref, que ce serait peut-être en démocratisant l’expérience artistique, en la rendant accessible à toutes les tranches de la société, qu’on pourrait aspirer à une vie commune moins divisée, opposant ceux qui sont en mesure de prendre la parole et ceux qui ne le sont pas.

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Le travail par amour des voyages versus le voyage par amour du travail

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Et si les voyages suggèrent-ils une carrière saine?

Billet de Véronique Poulin

Photo : Un violon en voyage | Crédit photo : Pixabay

Bienvenue à bord!

Assise dans le siège 12D, je regarde les ailes de l’avion par ma fenêtre. Je m’agite quand la jolie hôtesse de l’air m’informe que mon violon doit être placé plus loin dans les cabines en arrière « pour faire plus de place » entre parenthèses. « Oh, non non, ça ne me dérange pas de quitter de vue la raison même pour laquelle je fais ce voyage : un pti 3000 piastres qui m’aide à gagner d’autres pains… bougez-le et gardez vos sacoches proches ». Je dois saisir cette occasion de laisser aller ma première inquiétude du voyage – et je souris aux deux vieilles dames dans les sièges derrière moi. Ce n’est pas de leur faute, si j’ai choisi un violon au lieu de l’harmonium. Je prends une grande respiration et je relâche en jetant mon regard vers la ligne à l’horizon séparant le bleu du blanc. J’ai aussi l’impression que les nuages essaient de me dire que je dois ne m’inquiéter de rien. J’ai mes câbles, mes pédales, mon convertisseur de pouvoir, mon journal, ma tablette et mes quatre compagnons de voyage exceptionnels. Pourquoi m’inquiéterais-je? Mais puisque c’est mon premier voyage au-dessus de l’Atlantique et que je n’aurai pas d’arrêt en France pour me changer les idées, j’ai peur que ma mother tongue reste non-utilisable jusqu’à mon vol de retour lorsque l’hôtesse de l’air annoncera « Welcome Aboard!… Bienvenue à bord! ». (suite)

http://ineverreallylikedyou.blogspot.ca/2012/11/blog-post.html?view=mosaic

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Le

Billet rédigé par Maryse Arseneault

Tableau : Sérigraphie sur objet trouvé | Artiste : Jennifer Bélanger

Cette fois-ci je me suis permis de déambuler un peu en prose, un peu en réponse à des articles et billets de blogue vus  ces dernières semaines. Entre autres, le dernier texte de Marie-Thé Morin sur l’histoire – ou l’absence de contexte historique – à la télé, et l’autre, une entrée WordPress de Pieuvre et Thé (coincidences?!!) sur le manque d’action concrète de la part des artistes de cette génération en matière politique radicale. Mon billet est un peu comme le mois d’avril, il fait chaud quelques jours et juste après il fait froid à nouveau et je sais plus quel habit porter pour aller travailler. Je n’ai pas complété mon ménage du printemps encore, alors mes idées sont all over the place.

Une fois sur dix je me lève du mauvais pied comme aujourd’hui, ne pas être capable de me rendormir parce que le trop-plein d’échéances tourbillonne dans mon cerveau qui aimerait dont retourner à ses rêves de s’envoler par-dessus l’immeuble à dix-sept étages des assurances l’Assomption. Aujourd’hui dans mon insomnie matinale je me suis dit que je n’aimais pas ça être artiste. J’aime faire de l’art, pis j’aimerais changer le monde, être plus engagée dans ma communauté, faire une différence, mais être artiste (je l’ai déjà mentionné dans un billet précédent) me rend parfois mal à l’aise. (suite)

CCFM

Tour d’horizon d’un centre culturel

Le

Billet rédigé par Sylviane Lanthier, directrice générale du CCFM

Crédit photo : Facebook du CCFM

En ce matin de janvier, j’entre au travail, prête pour une autre belle journée au CCFM. Il y a du bruit, des odeurs, des gens affairés. Vers l’entrée principale, un mur temporaire cache à la vue des visiteurs les travaux de rénovation du nouveau restaurant. Depuis quelques jours, le bruit des « drills » qui percent le plafond de ciment est assourdissant. Un plombier termine dans la cave des travaux qui dégagent une forte odeur de colle et de produits chimiques. Mais ces inconvénients sont peu de choses en comparaison de la nouvelle qu’ils annoncent : ce restaurant, que tout le monde attend impatiemment, ouvrira très bientôt.

À côté, la Galerie d’art, aux murs fraîchement repeints, attend sagement que s’y déploient des sculptures, dans le cadre d’une exposition célébrant 20 ans de collaboration de trois artistes manitobains. Vers le théâtre, la porte menant à l’arrière-scène est ouverte. Des adolescents s’y engouffrent ou en sortent, parfois en costumes, motivés par les tâches qui les occupent : ils mettent les dernières touches à la comédie musicale qu’ils présenteront plusieurs soirs de suite, encadrés par les enseignants de leur école.

Sur le toit, en dépit du froid mordant, des ouvriers branchent au système de chauffage, ventilation et de climatisation (le HVAC) un appareil tout neuf qui servira à l’aération de la cuisine du restaurant.

Malgré toute cette activité, le Centre est relativement calme comparé au branle-bas de combat qu’on y a vécu tout l’été, résultat d’un projet de rénovation du système HVAC mené par le gouvernement provincial (en tant qu’agence de la Couronne provinciale, le CCFM bénéficie des ressources de la Province pour ce genre de travaux). Depuis la mi-octobre, la vie normale a repris son cours, une journée à la fois. Les murs éventrés ont été remontés et repeints, les plafonds suspendus remis en place, des résidus de poussière époussetés. Une à une, les salles condamnées cet été ont rouvert leurs portes au public. Il ne reste que les bureaux du personnel et la réception à réorganiser. (suite)

photo de Rémi Belliveau

Art et capitalisme : est-ce que l’art est coupable de notre passivité?

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Billet rédigé par Maryse Arsenault

Crédit photo : Rémi Belliveau

Depuis quelques semaines, une tristesse de fin de semestre s’installe, un vide, un temps mort, reprendre mon souffle avant d’entamer d’autres projets importants qui s’en viennent. Je bascule entre le sentiment d’avoir accompli énormément, et la crainte d’être à peine au début de mon pèlerinage. Je me sens confuse plus que jamais quant à pourquoi j’ai décidé d’entreprendre ce diplôme, puisque j’ai toujours eu tellement de misère à suivre le régime académique. Le temps abstrait, j’ai toujours eu de la difficulté à m’y adapter! Le temps horloge, est un produit inventé, issu d’une réalité industrielle, d’une économie capitaliste, et ne correspond pas au temps concret, soit le temps réel que suit le courant de la vie. Tout au long de mon high school et ensuite au bac, j’ai fait la pendule entre l’élève studieuse et l’étudiante révoltée. Et encore maintenant avec ma pratique artistique un peu marginale et mon sujet de thèse qui me stare dans la face, je ne suis pas convaincue. Je ne suis pas convaincue parce que je n’y crois pas à l’académie, tant qu’elle sera aux emprises du capitalisme. Même si faire partie du système nous permet de le contrer, je n’ai jamais voulu prendre part dans la rat race. À devenir artiste, je ne m’en échappe pas pour autant.

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Culture et agriculture : une histoire d’amitié

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billet rédigé par Marie-Thé Morin

crédit photo : Marie-Thé Morin

C’était il y a quelques années.

Pendant quatre mois, deux fois par semaine, j’ai travaillé avec Anne alors que je dirigeais la création collective qu’elle écrivait avec quatre autres étudiants pour la troupe de leur école secondaire à Plantagenet. J’ai découvert une jeune fille avec des idées tout à fait originales, animée d’une sorte de passion inextinguible qu’on pouvait lire dans son regard curieux.

Pendant le processus de rédaction, c’est elle qui apportait les idées les plus originales. Des idées surprenantes qui demandaient qu’on s’y attarde un peu pour en imaginer toute la portée. Bien sûr, reçues par les mauvaises oreilles, ces idées-là auraient pu tout simplement être rejetées du revers de la main. Inapplicables. Trop complexes. Détonantes. Empreintes d’une liberté débridée qui jaillissait des promenades à cheval d’Anne. (suite)

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Parce qu’il reste des « Robert » un peu partout

Le

billet rédigé par Simon Forgues de l’ARC du Canada

crédit photo : https://www.flickr.com/photos/alexkerhead/

Bientôt six heures; le début d’une nouvelle journée. Dans quelques minutes, Robert s’éveillera au son de la radio locale. Très bonne station, au demeurant. Rien à redire là-dessus. Si ce n’est qu’un détail, mais pour l’ami Robert, il est de taille.

Comme tous les jours, l’animateur entamera l’émission en rappelant quelques grands titres de l’actualité, puis les résultats des matchs disputés la veille.

Avec sa bonne humeur habituelle, sa collègue annoncera les prévisions météo, parlera brièvement des sujets dont il sera question plus tard et, avant qu’il ne soit sorti du lit, Robert aura déjà entendu au moins une chanson du palmarès et peut-être même deux.

Scène classique de la vie quotidienne. Sauf que… (suite)

Caroline et sa liseuse en vacances

Livre papier vs livre numérique : la guerre des formats

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Billet rédigé par : Caroline G. Boudreau

Crédit photo : Caroline G. Boudreau – Caroline et sa liseuse en vacances

Travaillant dans le milieu littéraire, j’assiste depuis quelques années au virage numérique, soit à l’apparition du livre numérique. Je ne suis pas experte dans la matière, loin de là. Le virage numérique est un dossier complexe avec son propre écosystème et sa propre terminologie (ePub, PDF, liseuse, métadonnées, etc.). Dans ce billet, je vous partage mes réflexions personnelles face à cette nouvelle « bibitte » du milieu littéraire (bien que cela fasse déjà quelques années que nous parlons de livre numérique).

L’arrivée du livre numérique a chamboulé l’industrie du livre. Les éditeurs, qui doivent par leur métier être à la fois amoureux des mots et as des chiffres, doivent maintenant ajouter une autre corde à leur arc : l’édition numérique. La publication d’un livre est devenue plus compliqué : il y a parfois trois versions d’un livre (en papier, en PDF, en ePub). Chaque version nécessite des actions différentes et des coûts sont liés à chacun de ces formats. Les canaux de ventes pour le livre numérique ne sont pas les mêmes que pour le livre papier et la gestion des métadonnées (mots-clés associés au livre) est assez compliquée. De plus, l’évolution du milieu est rapide. Les formats et les normes ne cessent de se développer : certains éditeurs produisent des ePub3 permettant d’inclure des vidéos et de la musique à leur produit. (suite)

photo Ryan Ritchie, flickr

Moi, mes souliers et mes soucis du DIY.

Le

Billet rédigé par : Véronique Poulin

Photo : Ryan Ritchie, www.flickr.com

titre de la photo : Caffeinating, calculating, computerating

J’aime les bibliothèques. J’aime l’odeur des vieux livres d’histoire et la douceur des fauteuils cachés dans des racoins qui dévoilent encore plus de livres… Quand je suis entourée par 5 étages de livres, j’ai l’impression d’être à l’abri de ce qui se passe dehors, un peu comme quand j’étais petite et qu’une grosse couverture de laine au-dessus de moi tenue par un morceau de bois me protégeait du monde de l’autre côté. Vous savez, les cinq frères, le nettoyage, les pluies d’automne, le monde imaginaire de l’enfance, parfois ça fait peur. Je gardais mes livres préférés dans ce château de laine, avec mon walkman, mes Barbies, ma flute à bec, et bien sûr, ma lampe de poche.

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